CSG retraités salariés restons solidaires

Image de l'article.

CSG. SALARIES, RETRAITES, RESTONS SOLIDAIRES

De jour en jour se dévoilent les mauvais coups préparés par Emmanuel Macron et ses ministres issus du parti de Sarkozy, placés aux postes clés.

Ils sont là « pour servir » a dit le président, le 3 juillet au congrès de Versailles.

Servir les patrons assurément, comme le montre leur projet d’augmentation de la CSG pour 60% des retraités.

On sait déjà que le nouveau président de la République veut précariser l’emploi.

Il estime que la Loi El Khomri n’est pas allée assez loin dans ce domaine.

Face à cette attaque, la Cgt a déjà prévu une journée d’action pour le 12 septembre.

On sait aussi que Macron veut faire payer par les retraités les maigres augmentations de salaires qu’il préconise sans qu’il en coûte un euro aux patrons.

D’où son idée de les financer par une augmentation de 1,7% de la CSG pour environ 10 millions de retraités, tandis que les fonctionnaires, dépendants du budget de l’État, seront privés de toute augmentation de traitement.
Inadmissible pour les retraités

Quelques retraités avec de toutes petites pensions ne paient pas la CSG.

Quatre millions d’autres avec des pensions inférieures à 1 200€ net par mois paient un « taux réduit » de CSG égal à 3,8% de leur pension brute.

Ceux-là seraient exonérés de l’augmentation de la retenue supplémentaire de 1,7%.

Mais pour les 9 à 10 millions de retraités actuellement soumis à une retenue mensuelle de 6,6%, elle va augmenter de 1,7%, passant ainsi à 8,3%.

Cela se traduira par une baisse de la pension mensuelle de 34€ sur une pension brute de 2000€. Inadmissible alors que les pensions sont bloquées depuis quatre ans.

Pour les patrons c'est cadeau !

Ces sommes supplémentaires prélevées sur les pensions seront utilisées pour compenser la suppression des cotisations chômage (2,4%) et maladie (0,75%) actuellement retenues sur le bulletin de paie des salariés.

Du coup, sans rien coûter au patron, un salarié dont le salaire brut mensuel est de 2 000€ percevra 32,50€ de plus à la fin de chaque mois.

Le retraité à 2 000€ bruts mensuels verra sa pension amputée de presque autant.

Le cadre bénéficiant d’un salaire brut mensuel de 5 500€ bénéficiera d’une augmentation mensuelle de 87,50€.

Là, la baisse de trois pensions à 2 000€ bruts sera nécessaire pour augmenter le salaire d’un cadre de LVMH, de l’Oréal, de Dassault, de Altice-Télécoms… sans qu’il en coûte un sou à Bernard Arnault, à la famille Béthencourt, à la famille Dassault, à Patrick Drahi dont les fortunes cumulées et en augmentation constante s’élèvent à 118, 5 milliards d’euros.

Ainsi, le gouvernement accentue une nouvelle fois le transfert de financement de la Sécurité Sociale vers l’impôt.

Un projet machiavélique

Cette mesure figurait dans le projet d’Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle, mais pas dans le livre programme qu’il a publié en novembre 2016, sous le titre « Révolution ».

Il se contentait alors d’écrire : « je souhaite réduire les prélèvements sur les entreprises (…) je transformerai le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en allégement de charges et je déciderai d’autres allégements ou suppressions de cotisations sociales patronales».

Mais alors, d’où est sortie cette idée politiquement machiavélique et juridiquement contestable puisqu’elle consiste à réduire autoritairement des pensions acquises légalement par des cotisants du temps de leur vie active ?

En 2007-2008, la commission Attali -composée d’ex-PDG de grandes entreprises et de dirigeants du Medef- dite « commission pour la libération de la croissance française » a édité un rapport, rédigé par Emmanuel Macron, pour Nicolas Sarkozy.

On peut lire en page 210 : « accentuer les allégements de charges, en mettant en place une exonération totale des ex-cotisations sociales employeur au niveau du Smic pour toutes les entreprises.

En conséquence, l’ex-part patronale des cotisations doit être récupérée et l’ex-part salariale des cotisations doit se traduire par une augmentation du salaire net.

Cela revient à supprimer trois points de cotisations sociales en les finançant par 0,6% de CSG et 1,2 point du taux normal de TVA ».

On voit ici que la somme des deux correspond à 1,8% de baisse de cotisation sur les salaires. En campagne électorale, Macron a renoncé à préconiser une hausse de la TVA, cette mesure défendue par Fillon se révélant impopulaire.

Salariés, retraités, solidarité

L’Union confédérale des retraités CGT avait bien raison d’écrire dans un communiqué du 16 juin dernier : « prendre dans la poche des retraités pour donner aux salariés au nom de la solidarité intergénérationnelle, c’est vouloir ignorer que les retraités contribuent largement, quand ils le peuvent, aux dépenses de leurs enfants et petits-enfants (…)

Mais c’est aussi la manière la plus odieuse de vouloir opposer les jeunes, les salariés aux retraités ».

Nous avons donc de bonnes raisons de participer dès la rentrée à toutes les luttes contre les mauvais coups de la bande à Macron.

Gérard Le Puill

L'UCR CGT organise une consultation nationale des retraité-e-s du 11 au 17 septembre sur la hausse de la CSG.

Un million de tracts et une affiche vont être diffusés pour préparer le vote des retraité-e-s.

 

Mis en ligne le 20 juillet 2017  |  Dernière mise a jour 20 juillet 2017