Macron élu la remise en cause de la fonction publique

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Macron élu : le dossier chaud pour les salariés

La remise en cause de la fonction publique

Les propositions d’Emmanuel Macron sur la fonction publique posent 3 questions :

La suppression de 120 000 postes dans la fonction publique

Emmanuel Macron a affirmé à plusieurs reprises vouloir réduire la dépense publique et supprimer 120 000 postes dans la fonction publique en 5 ans, dont 70 000 dans les collectivités territoriales et 50 000 dans la fonction publique d’Etat.

L’UGICT CGT regrette l’absence de débat de fond durant la campagne électorale sur les missions de services publics et l’appareil d’Etat.

A aucun moment un vrai débat de fond sur ce dont la France a besoin en matière de services publics n’a été mené.

Et pour cause, il y a eu une absence totale d’ambition pour un modèle social de société.

Pis encore, Emmanuel Macron ne précise à aucun moment les missions qui seront visées par la suppression des 120 000 postes dans la fonction publique.

Cette mesure empreinte de populisme pour gagner de l’électorat en montant les salariés contre les fonctionnaires est donc irresponsable.

Le développement du recrutement sur contrat dans les fonctions non-régaliennes, afin de permettre au service public d’attirer des professionnels d’expérience en fonction des besoins

Emmanuel Macron affirme dans son programme de campagne qu’il développera le recrutement sur contrat dans les fonctions non régaliennes.

Il s’agit bel et bien d’une attaque flagrante sur le statut général et le principe républicain de recrutement par voie de concours.

Ainsi, les dérives seront nombreuses concernant le recrutement de « ces professionnels d’expérience en fonction des besoins ».

Le risque de voir débarquer dans la fonction publique à des postes de décisions des agents non titulaires inféodés au gouvernement est donc réel.

Emmanuel Macron tente donc à travers cette proposition de casser la fonction publique française pour la calquer sur la fonction publique américaine, au sein de laquelle les agents publics sont embauchés par le parti politique au pouvoir et débarqués, une fois que celui-ci n’est plus au pouvoir.

Cette mesure est grave de sens pour l’égalité de traitement de la population.

Elle remettra forcément en cause les valeurs de neutralité et d’impartialité inscrites dans le statut général de la fonction publique.

Ces valeurs garantissent un traitement identique de tous les administrés.

Ce sont les valeurs d’égalité portées par notre République qui seront remises en cause.

La preuve en est la proposition d’aligner le statut de ces nouveaux contractuels sur le code du travail, c’est-à-dire le privé.

Ils ne seront donc plus liés au statut général qui garantissait aux administrés une également de traitement.

La fin de l’évolution uniforme de la rémunération dans la fonction publique

Il s’agit bien dans cette proposition de passer à une individualisation de la rémunération, notamment pour les fonctionnaires de catégorie A.

Le risque existe sur l’émergence de la fameuse rémunération au mérite basée sur des critères de performance et sur « la manière de servir ».

S’agissant de ce dernier point, s’il est mis en corrélation avec le recrutement d’agents non titulaires proposés ci-dessus il apparaît clairement que les fonctionnaires qui s’opposeront à toute directive manifestement illégale ou contraire aux valeurs de la fonction publique verront leur rémunération grandement diminuée.

 

Mis en ligne le 5 juin 2017  |  Dernière mise a jour 5 juin 2017