L'affaire Fillon

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L’affaire Fillon

Beaucoup d’encre a coulé depuis que le Canard Enchaîné a révélé ce que certains journalistes ont appelé le penelopegate.

Néologisme féminisé et anglicisé commode, qui dénote une volonté d’épargner le candidat de la droite à l’élection présidentielle.

Pourquoi ne pas parler tout simplement de l’affaire Fillon ou du scandale Fillon ?

Un scandale d’état.

Aujourd’hui, pour tenter de sortir du bourbier, les présidents des groupes parlementaires de la droite ont lancé un appel à la justice.

Dans une tribune commune, ils estiment que « la séparation des pouvoirs a été malmenée dans la procédure qui vise François Fillon.

Communiqué quasi officiel, ton dramatique.

« L’élection présidentielle a été prise en otage », et cela « risque de priver les électeurs du droit fondamental à exercer leur choix souverain ».

Bref, il faut sauver le soldat Fillon.

Sur Médiapart, Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel réplique à ceux qui affirment qu’aucun parlementaire ne pourrait jamais être poursuivi pour «détournement de fonds publics» dans l'exercice de son mandat.   

« La séparation des pouvoirs ne signifie pas droit pour le pouvoir exécutif de faire ce qu’il veut, droit pour les parlementaires de faire ce qu’ils veulent...

« Ce que la séparation des pouvoirs protège, c’est la liberté d’expression politique de la Nation qui parle par la voix du parlementaire – ses votes et ses opinions – ce n’est pas l’utilisation qu’il peut faire du crédit affecté à la rémunération de ses collaborateurs.

Soutenir le contraire revient à dire que la Nation en la personne de son représentant peut utiliser les fonds publics à d’autres fins que le service de la Nation.

Un juriste ne peut soutenir un tel raisonnement. Et, il faut l’espérer, pas davantage un politique.»

L’affaire Fillon est la confirmation d’un pouvoir dévoyé, confisqué par une caste économique et politique, un pouvoir où l’intérêt personnel a pris le pas sur l’intérêt du Pays.

Un pouvoir aux ordres des puissances d’argent et du grand patronat.

Un pouvoir qui se croit au-dessus des lois, qui n’aurait de comptes à rendre à personne et surtout pas aux salariés, aux retraités et aux chômeurs auxquels ils veulent imposer (Lois Macron et El Khomri et projets de la droite et de l’extrême-droite) une cure d’austérité sans précédent 

Tout un symbole :

Fillon qui veut privatiser la Sécurité sociale avait l’assureur privé Axa comme client de sa société de conseil.

Que vous proposer de mieux comme antidote à ce nauséeux feuilleton que d’aller voir et revoir le film de Gilles Perret «La Sociale».

Et puis, nous avons deux actions en préparation :

le 7 mars pour la défense de l’hôpital public

Et le 30 mars pour le pouvoir d’achat des pensions.

De l’air frais en quelque sorte.

Richard Vaillant

 

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Mis en ligne le 13 février 2017  |  Dernière mise a jour 13 février 2017