Fin de semaine à Rome ou Vienne

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Week-end à Rome ou Vienne

Il y a des week end qu’on aimerait oublier. Week-end Trump, whisky frelaté, week-end Sarkozy Fillion Juppé et puis Fillion, eau de bénitier, couleur bleu marine.

Au bord de la désespérance.

On aspire à se cacher dans un trou de souris, plus de télé, plus de Pujadas, plus de Bolloré...

Lundi 5 décembre, le calendrier de l’avent est plus cool comme on dit aujourd’hui.

On ouvre la fenêtre, pas de chocolat juste un peu d’air frais.

Vivifiant. Autriche : l’extrême-droite est battue à la présidentielle, ouf et en Italie Matteo Renzi qui voulait se donner, au nom de l’austérité, un peu plus de pouvoir, une sorte de 49-3 à la sauce napolitaine, Renzi va démissionner après sa cuisante défaite du referendum sur la réforme constitutionnelle. 60% des Italiens lui ont fermement conseillé de rentrer chez lui.

On aime à imaginer ce qu’aurait pu donner une consultation, ici en France, sur la loi travail.

Mais Valls, présenté comme le Renzi français (à moins que ce ne soit le contraire), en tout cas «deux beaux gosses» en «osmose» (dixit la presse), Valls n’aime pas consulter le peuple.

Trop incertain.

Le mot peuple est un concept trop à gauche et trop à gauche, il n’aime pas.

Que nous disent ces deux résultats : que l’autoritarisme, le fascisme, deux tendances (trop) lourdes aux plans européen et mondial sont « résistibles ». et que, si l’on veut éviter de (re)tomber dans l’ornière d’un monde sans cœur et sans âme, soumis à la rapacité des marchands de canons, insensible aux détresses humaines, alors il faut lutter, lutter contre l’austérité qui détruit tout sur son passage, comme un  tsunami anti social et anti-démocratique : baisse des salaires et pensions, chômage, des millions de fonctionnaires en moins, le droit social et le code du travail à la poubelle, état d’urgence, et la sécurité sociale et le logement et la casse des services publics.

Et les militants CGT que l’on condamne comme des malfrats.

Tout cela pour satisfaire la voracité des grands groupes capitalistes ? Allons, mon ami, c’est bien là que va l’argent, pas dans la poche trouée des réfugiés.

Il faut lutter et lutter encore.

Le rôle du syndicalisme de lutte de classes n’est pas de composer, encore moins de s’adapter mais d’offrir aux travailleurs, aux retraités, des perspectives de progrès, un peu d’espoir dans ce monde qui  « semble un cauchemar attardé de Goya » comme l’écrivait Aragon dans son Musée Grévin.

Et le rôle de tout syndicaliste est d’agir et de lutter et de lutter encore pour qu’on ne se réveille pas un matin de décembre -ou de mai- avec le risque de la peste brune comme en Autriche ou d’un démocrate Canada-dry comme en Italie.

Richard Vaillant

le 5 décembre 2016

 

Mis en ligne le 6 décembre 2016  |  Dernière mise a jour 6 décembre 2016