Les retraités ne lâchent rien

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Les retraités ne lâchent rien

Les retraités toujours dans le viseur du gouvernement, unis dans l’action avec les jeunes et les salariés, maintiennent la pression pour obtenir satisfaction sur leurs revendications spécifiques.
«Moi, président de la République, je serai un président qui respecte les Français, qui les considère… » De belles paroles qui chutent sur le 49-3. La démocratie part à vau-l’eau. Refusant d’écouter la colère de la rue exigeant le retrait du projet de loi « Travail », faute d’avoir l’approbation de la population et d’une majorité de ses élus, le gouvernement de François Hollande choisit d’imposer sa loi par la force.
Cela ne change en rien la détermination des organisations en lutte décidées à poursuivre et amplifier la mobilisation.

Ces luttes qui réchauffent le printemps

Totalement investis dans les actions contre la loi « Travail », les retraités n’en ont pas pour autant abandonné leurs revendications pour un pouvoir d’achat qui permette de bien vivre la retraite. Gel des retraites et pensions, alourdissement de la fiscalité, restes à charges toujours plus importants dans le domaine de la santé, tout justifie leurs luttes. Une nouvelle grande journée d’action unitaire est annoncée pour le 9 juin. Gageons que les « foulards rouges » des retraités CGT seront encore à la pointe de l’action.

La loi d’adaptation de la société au vieillissement s’installe

Le 29 avril 2016, les organisations syndicales de retraités ont été reçues par le directeur de cabinet de Pascale Boistard, secrétaire d’État chargée des personnes âgées et de l’autonomie. Des précisions leur ont été apportées sur l’organisation et la gouvernance des différents collectifs instaurés par la loi. Le projet de décret instaurant le Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge à la place du CNRPA sera présenté le 14 juin 2016. Les Comités départementaux de la citoyenneté et de l’autonomie, en remplacement des Coderpa, seront présentés le 19 mai pour une mise en application avant fin 2016.

Si les décrets prévoient bien une place pour les organisations syndicales dans ces collectifs, elles sont écartées de la pourtant essentielle Conférence des financeurs.

Quant au deuxième volet de la loi initialement prévu qui devait traiter de l’aide à l’autonomie dans les espaces collectifs et les Ehpad, il ne verra pas le jour sous ce gouvernement. Trop onéreux, nous dit-on ! Pourtant resitué dans l’ensemble de la politique de santé, le coût de l’aide à l’autonomie est infime. Il est par contre insupportable quand il est laissé à la seule charge des personnes qui le subissent : 1 788 € par mois de l’aveu même du représentant du ministère.

Fiscalité : un gouvernement aveugle et sourd

Ils en avaient fait la demande le 1er février. Ce n’est que le 3 mai que les syndicats et associations de retraités ont été reçus par le Ministre des Finances, Michel Sapin, ou plus précisément par des membres de son cabinet. À l’ordre du jour, les mesures fiscales spécifiques prises à l’encontre des retraités.
Il a été opposé un refus net à leurs demandes de rétablissement de la demi-part supplémentaire pour celles et ceux qui en bénéficiaient et d’abandon de l’imposition des majorations de pension pour les parents de 3 enfants et plus.

Le représentant du ministre a rappelé les dispositions prises -malgré la pression des interventions, pétitions et manifestations, rappelons-le- et a estimé qu’elles suffisaient à répondent aux problèmes soulevés, à savoir :
♦ prolongation de l’exonération d’impôt locaux et de redevance télévisuelle pour les années 2015 et 2016 pour ceux qui en ont bénéficié en 2014 et 2015,
♦ intégration dans le calcul du revenu fiscal de référence d’une demi-part pour celles et ceux qui en ont bénéficié de 2008 à 2012 pour une prise en compte des conditions d’exonération des impôts locaux. Ce qui ne règle en rien les conséquences de la suppression de la demi-part pour le calcul de l’impôt sur le revenu.

En fin de rencontre, le représentant du ministre a tenté de vendre les « bienfaits » du prélèvement à la source. Il lui a été opposé l’analyse de la Fédération des Finances CGT qui démontre qu’il ne simplifiera en rien la vie des contribuables. Son seul but est de satisfaire la Commission européenne.

Hélène Salaün

VOIR :
L'Appel des neuf organisations de retraités pour le 9 juin
La lettre aux députés des neuf organisations

 

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Mis en ligne le 31 mai 2016  |  Dernière mise a jour 31 mai 2016