Mémoire 1914 1919 l'autre front les femmes au travail

Image de l'article.

Mémoire - 1914-1919 - L'autre front, les femmes au travail

Depuis 2005, les archives des armées françaises sont rassemblées au Château de Vincennes. Un lieu ouvert au public dont les salons accueillent des expositions comme celle de l’Institut d’histoire sociale CGT « 1914-1919 - L’autre front, les femmes au travail ».

Pierre Laugeay, chef du service historique de la Défense et Michel Cortay président de l’Institut d’histoire sociale de la Fédération CGT des travailleurs de l’État
(Photo : Allaoua Sayad)

Passé l’imposant porche d’entrée du Château de Vincennes, nous nous retrouvons dans le pavillon du Roi Louis XIV, qui fait face à celui de la Reine-mère, Anne d’Autriche, où mourut Mazarin en 1661.

Un lieu étonnant et inhabituel.

Un endroit chargé d’histoire où les vitrines du hall d’entrée présentent une sélection de la symbolique militaire (emblèmes et insignes).

Pierre Laugeay, le chef du service historique de la Défense (SHD) nous accueille.

« Nous sommes dans un lieu de conservation des archives des ministères chargés des affaires militaires depuis l’origine.

Ressources documentaires de premier ordre, nous abritons des collections (430 km d’archives remontant au XVIIe siècle avec près d’un million d’ouvrages) représentant une part de la mémoire de la Nation que les archivistes, les bibliothécaires, les historiens, les personnels scientifiques et techniques du SHD s’emploient à conserver, transmettre et partager.

Ces archives appartiennent à tous les Français ». Le propos de notre hôte nous fait traverser plusieurs siècles.

Une mission de service public

Les missions de ce service méconnu sont multiples. « La conservation et la sauvegarde des archives doivent avoir une utilité.

Si depuis le XVIIe siècle, les pouvoirs ont toujours eu besoin des traces opérationnelles de l’histoire, les archives servent aussi à la chose publique » indique Pierre Laugeay. Ici, toute la mémoire militaire est rassemblée, des guerres royales du XVIIe siècle à celles des XIXe et XXe siècles.

Nous sommes dans un service public aux diverses ressources qui contribuent aux travaux relatifs à l’histoire de la Défense nationale.

Les portes sont ouvertes au monde universitaire (chercheurs, enseignants…), aux historiens, aux collectivités territoriales, aux associations d’anciens combattants, de résistants ou encore au monde de la culture (théâtre, cinéma…).

C’est certes moins connu, mais le lieu, doté des moyens modernes de recherches en ligne, accueille aussi des généalogistes ou des citoyens qui, tout simplement, ont besoin de retrouver le parcours d’un membre de la famille ayant servi dans une des armées afin, par exemple, de faire valoir un droit particulier.

L’histoire sociale aussi

C’est dans « la salle des armoires » du pavillon du Roi que le service historique de la Défense a accueilli durant deux mois en ce début d’année les 19 tableaux de la magnifique exposition « L’autre front, les femmes au travail entre 1914 et 1919 » réalisée par l’Institut d’histoire sociale de la Fédération CGT des travailleurs de l’État, sous la direction de Michel Cortay, son président.

Un regard particulièrement intéressant sur un des épisodes marquants de l’histoire contemporaine.

Une présentation a priori inattendue dans un lieu d’abord dédié à la chose militaire. Pas pour Pierre Laugeay : « Une mémoire est toujours multi-regards.

Notre mission est d’abord de montrer. Ensuite, chacun a sa propre vision du fait historique.

Cette exposition a rencontré son public. Elle est la preuve par l’exemple que les archives sont d’abord celles des citoyens. Nous avons besoin de toutes les sources ».

Cette vision bouscule le cliché des archives de la Défense, secrètes et poussiéreuses, qui ne servent à rien. Ici, dans un lieu où l’histoire des armées, de la Nation et de la République se conjuguent, les archives sortent de l’ombre.

Elles vivent.

Elles sont notre mémoire commune.

Michel Scheidt

 

 

Mis en ligne le 2 avril 2016  |  Dernière mise a jour 2 avril 2016