Pas touche à la pension de reversion

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PRESENTATION DE LA PLAQUETTE


« PAS TOUCHE A LA PENSION DE REVERSION »

 

Avant toute chose je souhaite délivrer un message de fraternité avec le peuple belge au lendemain des attentats de Bruxelles qui ont fait 34 morts et plus de 200 blessés dont 8 Français.

Une pensée pour les victimes et leurs familles.

Nous n’avons pas de mots assez forts pour condamner ces actes terroristes, soyons dignes et déterminés à bâtir un monde de justice et de paix.


La mobilisation des salariés et retraités du 9 mars contre la loi El Khomri dite « loi travail » nous a obligé à reporter la présentation de cette plaquette qui était justement prévue ce 9 mars, date à laquelle la loi devait être présentée en Conseil des Ministres.

Il nous a semblé important de privilégier cette journée d’action, qui a mobilisé plus de 500 000 personnes le 9 mars, puis 150 000 étudiants et lycéens le 17 mars, et ce n’est pas fini, un appel à la mobilisation est prévu les 24 et 31 mars !!

Rappelons que la pétition en ligne avait recueilli 1 million 270 mille signatures …

Pour en revenir à la plaquette pension de réversion …

Lors de l’initiative « femmes » du 3 mars 2015 à Montreuil, François Thiery-Cherrier déclarait dans ses conclusions :

« Enfin, un sujet particulier m’inquiète : c’est la question de la pension de réversion, son niveau, mais aussi son statut législatif.

Comment l’UCR peut engager le débat, faire des propositions, quelles actions revendicatives autour de ce sujet ? »

Le « Collectif femmes » de l’UCR s’est donc emparé de cette question car effectivement il nous paraissait important de faire le point sur cette prestation, d’autant que visiblement nombre d’entre nous n’en connaissaient pas les conditions d’attribution.

Le résultat de ce travail est cette petite brochure qui s’intitule « Pas touche à la pension de réversion ! ».

Cette brochure se veut être un outil permettant de sensibiliser les salariés et retraités, permettre aux organisations de la CGT de s’emparer de cette question, ne pas oublier ce point dans nos revendications, et au besoin alerter nos élus sur la nécessité de maintenir cette prestation, voire de l’améliorer.

Ce n’est pas un hasard si nous avons souhaité vous présenter ce document durant cette période autour du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, car c’est souvent l’occasion de dresser le bilan des progrès accomplis en vue de promouvoir l’égalité, d’identifier les difficultés qu’elles doivent surmonter dans la société, de pointer les discriminations persistantes, et se pencher sur les moyens à prendre pour améliorer leurs conditions de vie.

Donc vous avez en main cette brochure, jolie, colorée, attrayante, merci à Madiana pour cette jolie présentation.

Un édito rappelle comment l’idée a muri depuis l’initiative du 3 mars 2015, et l’alarme qui se déclenche au fur et à mesure des négociations avec le MEDEF sur les retraites complémentaires.

Pour mieux comprendre comment nous en arrivons à ces craintes, il nous a semblé nécessaire de refaire l’historique de cette prestation, qui était versée uniquement aux femmes à sa création.

Les tableaux qui suivent mettent l’accent sur les pensions de réversions sécurité sociale, retraites complémentaires AGIRC ARRCO, donc pour les salariés du privé, et un tableau fonction publique d’Etat.

Nous n’avons pas traité (pour faire court) la fonction publique territoriale et hospitalière, ainsi que les régimes spéciaux, mais nous renvoyons sur les sites qualifiés.

Ensuite vous trouverez ce qu’on peut appeler la justification du maintien de la pension de réversion, car trois transformations majeures de la société ne sont pas pris en compte, à savoir : baisse des mariages, montée des divorces, et la moindre fréquence de la vie en couple.

C’est le rapport du COR du 15 décembre 2015 qui confirme « le nombre de PACS a fortement augmenté depuis son instauration en 2000, on compte ainsi environ deux PACS pour trois mariages. »

Ce même rapport du COR indique également : « à la retraite, le niveau de vie moyen des femmes est plus faible que celui des hommes, et leur taux de pauvreté supérieur … parce que les femmes retraitées sont plus nombreuses à vivre seules que les hommes retraités : c’est le cas d’une femme retraitée sur deux, contre un homme retraité sur quatre ».

La pension de réversion qui concerne aujourd’hui 4,4 millions de personnes pourrait atteindre (rapport du COR de 2012) 9,4 millions en 2060, et ce sont les femmes qui en sont  qui essentiellement bénéficiaires (à ce jour 89 %), dont 1,1 million ne perçoit pas de pension de droit direct.

Plus d’une femme sur 4 ne reçoit que la réversion. On devrait observer à l’avenir une hausse du nombre des pensions de réversion entre 2014 et 2060, et ce dans chacun des cinq grands régimes, mais en même temps une baisse de la part des pensions de réversion attribuées aux femmes.
 

En effet, l’amélioration des droits propres des femmes suite à des carrières plus actives en moyenne, conduirait plus fréquemment, mais de manière très marginale, à des dépassements des conditions de ressources pour l’attribution de la réversion.

La plaquette de l’UCR se termine sur l’analyse et les propositions de la CGT concernant la réversion.

Ce droit fondamental de solidarité des systèmes de retraite doit être conforté, et même amélioré (en particulier la prise en compte du PACS pour les bénéficiaires).

La vigilance reste de mise devant ce danger de diminution ou suppression de la pension de réversion, tant que les femmes n’auront pas acquis réellement des droits propres. La loi sur l’égalité « réelle » du 4 août 2014 devait consacrer l’enracinement de l’égalité entre les femmes et les hommes, pour autant les inégalités perdurent.

Si l’on a pu constater et regretter que toutes les réformes des retraites depuis 1993 (réforme Balladur) sont en défaveur des femmes, comment ne pas être une fois de plus, sérieusement préoccupées par les décisions du dernier remaniement ministériel d’associer les droits des femmes à la famille et à l’enfance …

Car, mettre sous un même ministère « la famille, l’enfance et les droits des femmes », n’est-ce pas enfermer les femmes dans le rôle stéréotypé qui leur est assigné depuis des siècles : celui d’épouse et de mère … ?

En attendant, les retraités continuent à battre le pavé dans toute la France, comme ce 10 mars, pour la défense de leur pouvoir d’achat, à l’appel de 9 organisations syndicales et associatives. 120 rassemblements et manifestations, 35 500 retraités dans la rue !!

Depuis le 1er avril 2013, les retraités n’ont bénéficié que de la petite revalorisation de 0,1 % en octobre dernier, tandis que les retraites complémentaires sont bloquées pendant 3 ans.

Après l’acceptation par 3 syndicats de la fusion des régimes de l’ARRCO et de l’AGIRC, il y a fort à craindre que le droit à l’ouverture des droits soit aligné sur le moins favorable, l’AGIRC à 60 ans, alors qu’il est ouvert à 55 ans pour l’ARRCO.

Le MEDEF étudie par ailleurs l’idée d’une baisse des réversions de 60 à 54 %. Et ce que veut le MEDEF, le gouvernement y consent …

Un courrier a été fait au Ministre SAPIN, sous forme de lettre ouverte, demandant le rétablissement de la ½ part fiscale aux veuves et aux veufs, ainsi que l’exonération de la majoration familiale, dont les importantes conséquences financières amènent à une baisse sensible du pouvoir d’achat, rendant difficile voire impossible pour certains retraités de se soigner, se loger ou se nourrir. 10 % des plus de 65 ans vivent sous le seuil de pauvreté, dont la majorité sont des femmes.

Une autre inégalité pointe avec le prélèvement à la source présenté par le gouvernement comme un impôt « moderne et mieux adapté à la vie des contribuables ».

En réalité, la CGT soutient que cette nouvelle réforme créée les conditions de nouvelle inégalités femmes/hommes, et expose encore plus la vie privée des travailleurs vis-à-vis de leurs employeurs.

Nous vous  invitons donc à prendre connaissance de ce document, de le faire connaître et de le populariser autour de vous, car c’est un document d’information nécessaire à tout militant, et surtout de l’utiliser dans vos actions revendicatives, en particulier lors de rencontres avec des élu(e)s, car nul doute que comme nombre de personnes, ils (elles) sont ignorantes des conditions d’attribution de la pension de réversion.

Je vous remercie de votre attention.

Gilka Georges
Membre du bureau national de l’UCR
Chargée du Collectif Femmes

Mercredi 23 mars 2016

 

Mis en ligne le 26 mars 2016  |  Dernière mise a jour 26 mars 2016