Pourquoi nous devons défendre le code du travail

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La commission Badinter vient de rendre son rapport dont les conclusions vont guider la refonte du code du travail. 5 pages et 61 articles pour charcuter le code du travail et rayer 100 ans de luttes acharnées des salariés contre le patronat.
 

N’oublions pas que sa supposée lourdeur est dû au patronat qui a obtenu de nombreuses dérogations, exceptions, contrats, intérim !

Derrière ces 61 articles, de nombreux renoncements sont annoncés :
- fusion des conventions collectives avec la menace sur les droits des salarié-es des différentes branches,
- accords dérogatoires sur les 35 heures,
- conditions d’extension possible des CDD et autres contrats,
- remise en cause des droits des IRP,
- appauvrir les salariés pauvres,
- dérogation pour le travail des enfants de moins de 16 ans,
- recours au « referendum d’entreprise » ...

On est bien loin du principe d’adapter le travail à l’homme.

Dans un contexte de subordination, le Code du travail doit assurer la protection collective des salariés, pas  celle des patrons.
 

Le ministre-banquier de chez Rothschild l'a proclamé devant micros et caméras, le vendredi 22 janvier 2016, à Davos: la réforme du droit du travail "donnera la priorité aux entreprises pour fixer le taux de majoration des heures supplémentaires, quitte à ce que celui-ci soit inférieur au seuil minimum actuellement en vigueur".


Et les 35h, lui a-t-on demandé? De facto, elles seront abrogées après accord entre partenaires sociaux dans les entreprises, a répondu le ministre de l'Economie.

Il annonce cela en compagnie de son ami Travis Kalanick, patron d’Uber, qui viole nos lois, fraude nos impôts, détruit illégalement les droits des taxis.
 

Il nous explique qu’il faut « travailler plus sans gagner plus », alors que les marges des entreprises sont reconstituées comme jamais, que le gouvernement a donné 41 milliards de CICE au patronat qui supprime chaque jour des emplois
 

(EDF ; 4000 emplois, Général Electric ; 765, STMicroelectronics ; 430, Vallourec ;500,          SNCF ; 1400)

Ces attaques sont à mettre en lien avec la mise en place des nouvelles Régions, qui récupèrent des prérogatives renforcées en matière de gestion des bassins d'emploi, leur nouvelle capacité normative, c'est à dire leur pouvoir de déterminer des normes légales particulières, dérogatoires au droit national, et d'y articuler leur politique notamment en matière d'apprentissage professionnel, y compris dans le champ de l’Éducation Nationale, par leur main mise sur la gestion des Lycées et leur autonomie renforcée.
 

Des commission territoriales sont d'ailleurs déjà prévues à cet échelon territorial pour une meilleure gestion de l'accès à l'emploi - ou plutôt de la mise au travail - mise au pas - des privés d'emploi autant que possible à pas cher, commissions où les représentants patronaux auront une place de choix.
 

A quoi sert cette offensive contre le code du travail ? A part à Gattaz et au Medef, le code a été recodifié entre 2004 et 2008 par la droite, ( 500 lois supprimées, un livre sur neuf disparu, 10 % du code en moins), s’est félicité de l’avoir réduit, simplifié, etc..
 

Ça n’a rien donné en emplois, puisque quand il y a dérégulation, le chômage augmente.

Et quand le chômage augmente, la misère et la dette aussi !

La réforme territoriale est bien un outil de déconstruction des acquis sociaux, notamment des acquis du programmes du CNR, y compris dans le secteur privé, par la déconstruction du cadre national de la République...

Et là encore, il s'agit bien d'une réponse aux attentes du MEDEF.
 

La politique menée par le gouvernement contre les travailleurs et leurs intérêts est bien globale. Non,  la gestion des acquis n’est pas une cause perdue, elle appelle une riposte globale.

Qui en parle, qui dénonce !

Pas les médias tenus par le Patronat. Quand au gouvernement, son objectif est de faire taire les syndicalistes qui défendent l’outil et le droit du travail (Goodyear, EDF, Ford, Air France).
 

Face au 6,15  millions de chômeurs (1,3 million de chômeurs depuis l’élection de Hollande) et au 400 000 jeunes qui rentrent sur le marché du travail chaque année, il faut renforcer le code du travail, pas l’affaiblir.
 

Ce ne sont ni les « emplois d’avenir », aidés ou pas, ni les plans aléatoires de formation qui vont faire reculer le chômage de masse

Le patronat est la classe la plus assistée de notre pays.

Renforcer le code du travail c’est :
 

- réduire le temps de travail 32 h en 4 jours et 2 jours de repos consécutifs, sans perte de salaire,
- la majoration à 100% dès la 6 heures,
- 5% de précaires maximum dans les entreprises, les collectivités,
- Rétablissement du contrôle administratifs des licenciements
- Rétablissements des élections prud’homales ainsi que  élections directes dans toutes les caisses de sécurité sociale, retraites, AT/MP,
- Renforcement des moyens des instances représentatives des personnels tant dans le privé que dans le public,
- Renforcer la médecine du travail (privé), préventive (public),
- Élection des membres des CHSCT,
- Arrêt des discriminations envers les jeunes, les immigrés, les séniors, les femmes, les syndicalistes, les orientations sexuelles,
- Une vraie sécurité sociale aux mains des travailleurs,
- Création d’un grand service public de la formation professionnelle
- Renforcer l’Inspection du travail

Il faut serrer les rangs, expliquer autour de nous que le capitalisme n’a comme seul avenir que misère, précarité et répression.
 

Nous sommes là pour mener tous les combats, contre la précarité et la sous-traitance, contre la pénibilité, contre  les horaires de folie et les salaires de misère, contre la dictature managériale, les restructurations destructions des services publics, contre le lean management, pour Travailler Tous, Moins et Autrement.
Nous sommes l’avenir, non pas pour aménager un capitalisme à visage humain – même durable, mais pour imaginer un monde meilleur, libéré des exploiteurs.

 

Un avenir où il n’y aura plus de chemises blanches à déchirer, plus de patrons à séquestrer, mais un pouvoir à exercer, celui de décider nous-mêmes de ce qui est bien pour notre vie !


" Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques..."

Jean Jaurès (Discours à la jeunesse 1903)
 

 

Mis en ligne le 3 février 2016  |  Dernière mise a jour 3 février 2016