Pour mémoire qui était André Bergeron

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Un rappel historique dans un moment ou le pouvoir persiste à casser le programme du CNR !



Décidément les médias occultent sans cesse et manipulent les Français.


Par exemple à propos de la mort d'André Bergeron, un des fondateurs de FO. L’occasion leur était donnée de raconter avec objectivité la n

aissance de FO et ses conséquences sur le mouvement ouvrier et la première casse de nos acquis.


Qu'ai j’entendu : « Bergeron, un des créateurs de FO, était partisan d'un "syndicalisme indépendant", "indépendant des patrons et de toute politique ». Voilà comment ils résument l'histoire... pas un mot sur la naissance de FO et ses raisons.

Alors racontons.


Nous sommes en 1947, nous venons de vivre, de 1945 à 1947 une période de conquêtes sociales extraordinaire dans le sillage du CNR : Sécurité sociale, statuts et avancées de toutes sortes, nationalisations, services publics…


Il faut évidemment briser ces formidables avancées sociales, d’autant que la guerre froide pointe son nez. Comment ? Eh bien ! en divisant le mouvement ouvrier.
 

Et d'où va venir cette incitation à la scission ?... des Etats-Unis évidemment. Inspirée par Bruxelles et relayée par Irving Brown, le 18 décembre 1947, décision est prise par Jouhaux, Bothereau, Delamarre… de démissionner du bureau confédéral de la CGT.
 

Le 13 avril 1948, ils organisent le congrès constitutif d’une nouvelle Confédération.
 

La « CGT Force ouvrière » est née, la scission est consommée…

La responsabilité directe des syndicats américains dans la scission sera plus tard attestée par George Meany, nouveau secrétaire de l’AFL (American Federation of Labour).
 

En 1953, lors d’un « club de la presse » à Washington, l’homme déclarera en substance aux journalistes ébahis : « Il n’y a pas de forces plus importantes aux Etats-Unis que les fédérations syndicales américaines.
 

« Oui, nous avons un grand rôle à jouer à l’étranger.

Tout aussi important, sinon plus, parce que nous pouvons nous permettre de le révéler maintenant, c’est avec l’argent des ouvriers de Detroit et d’ailleurs qu’il m’a été possible d’opérer la scission, très importante pour nous, de la CGT, en créant le syndicat FO. »
 

Dans une interview au Los Angeles Times en 1964, Thomas Braden confirmera, quant à lui, que la CIA, dont il fut l’un des dirigeants, a largement contribué au financement de FO.

Les conséquences seront terribles pour le mouvement social : division ouvrière, obstacles aux nouvelles conquêtes sociales, affaiblissement de la CGT, reprise en main des patrons après la période noire pour eux de la Libération, facilitation de toute la casse des conquis.

 

Pour ne prendre qu’un exemple : la Sécurité sociale, en 1967, par ses ordonnances, de Gaulle casse le principal acquis de la Libération en instaurant, dans les conseils d’administration des caisses de Sécu, le paritarisme !
 

Sous le ministère Ambroise Croizat, 75 % des sièges étaient aux ouvriers, 25 % aux patrons.
 

Avec de Gaulle ce sera, outre la suppression des élections, le rapport 50-50 : il suffira désormais d'un syndicat minoritaire (FO par exemple...) pour faire pencher la balance vers une gestion patronale et commencer le détricotage de l’œuvre du CNR et de notre Sécurité sociale...
 

Voilà, je voulais seulement rétablir un peu de vérité historique.
Merci de partager, si vous le pouvez.
Claude Demeyer

 

 

Mis en ligne le 5 octobre 2014  |  Dernière mise a jour 5 octobre 2014