Emmanuel Macron doit battre en retraîte

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Emmanuel Macron doit battre en retraite

La fébrilité gagne le président et son gouvernement.

La journée du 5 décembre s’annonce comme un moment exceptionnel du rejet de la réforme des retraites et de la politique de régression sociale qui touche tous les secteurs de la population à l’exclusion de la petite minorité qui en tire profit.

Au risque de plonger le pays dans le chaos le pouvoir doit renoncer à sa politique.

Les arguments avancés pour justifier la réforme à points ont fait long feu.

La tentative de diviser, voire d’opposer les victimes entre elles, se heurte à des vagues convergentes de mécontentements dans toutes les professions et chez les retraités.

Comment soutenir que la réforme envisagée va réduire les inégalités parce qu’elle supprimerait les statuts spéciaux qui ne représentent que 3 % de la population active.

Si des statuts spéciaux existent c’est bien parce que les métiers et les conditions d’exercice de ces métiers sont différents.

C’est la non reconnaissance des contraintes et de la pénibilité de certaines professions qui entraînerait de profondes inégalités.

Toutes et tous perdants…

Le véritable objectif de la réforme transparaît peu à peu et la campagne de la CGT y est pour beaucoup : réduire les pensions à venir et actuelles.

Tous perdants ! Refuser d’envisager d’augmenter les ressources et les moyens de financements des retraites en est bien la preuve.

Le respect de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes suffirait à équilibrer durablement les comptes sociaux.

La création de 100 000 emplois, le MEDEF s’était engagé à en créer un million, constituerait un apport en cotisations sociales de un milliard.

L’augmentation des salaires de 1 % représenterait 2,5 milliards de recettes supplémentaires.

C’est exactement le contraire que produit la politique néo libérale du gouvernement : en ne revenant pas sur les exonérations fiscales accordées généreusement au patronat, ni sur le CICE qui aura coûté aux finances publiques, nos impôts, plus de 40 milliards en 2019, le gouvernement organise lui-même les déficits pour justifier ensuite l’austérité, la baisse des pensions, la stagnation des salaires, les suppressions de postes de fonctionnaires et la disparition de services publics.

La récente rencontre entre la CGT et le Premier ministre a confirmé l'obstination du gouvernement.

Voir le communiqué de la CGT du 26 novembre à l'issue de la rencontre.

…ou presque

Mais pour les « premiers de cordée » tout va bien.

La France bat tous les records pour le nombre de millionnaires et la croissance des dividendes distribués aux actionnaires.

En 1980 le montant des dividendes correspondait à 9 journées de travail par salarié, en 2019 chaque salarié travaille en moyenne 43 jours pour la rémunération des dividendes !

La répression ne suffira pas à calmer le pays

La violence de la répression, du jamais vu depuis longtemps, n’a pas découragé les manifestants du samedi, ni les retraités particulièrement inquiets des conséquences de la réforme des retraites (voir communiqué des 9 organisations), ni les salariés du secteur public comme des entreprises privées.

Ils sont une très large majorité à soutenir la journée de grève et de manifestations du 5 décembre et nombreux à envisager d’y participer.

Faisons de cette journée et de celles qui suivront un grand moment de mobilisation des esprits et des énergies pour obliger ce gouvernement à abandonner sa politique mortifère.

Afin que nous puissions envisager des solutions réelles aux difficultés de chacune et chacun d’entre nous, car les salariés comme les retraités veulent vivre pleinement des richesses qu’ils ont crée et qu’ils créent. Ils en ont le droit et ensemble ils en ont le pouvoir.

Pascal Santoni

ATTENTION : La manifestation parisienne ne se déroulera pas de la Place d'Italie à Nation, mais de la Gare de l'Est à Nation

 

Mis en ligne le 1 décembre 2019  |  Dernière mise a jour 1 décembre 2019