Laisserons nous l'extrême droite s'installer comme dans un fauteuil ?

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Laisserons-nous l’extrême-droite s’installer comme dans un fauteuil ?

Emmanuel Macron lance un débat toxique sur l’immigration et accorde un long entretien à un journal classé à l’extrême droite.

Il apporte ainsi une caution aux idées les plus nauséabondes distillées par le parti des Le Pen.

Au moment même où l’incendie fascisant ravage la maison Europe et au-delà : l’extrême droite se déploie, s’enracine et affirme ses prétentions dans de nombreux pays.

En Allemagne lors des dernières élections régionales, le parti nazillon a doublé ses suffrages par rapport au précédent scrutin.

En Italie, la Ligue du Nord du sinistre Salvini (écarté du pouvoir pour combien de temps ?) atteint les 32% d’opinions favorables.

En Pologne et en Hongrie, les gouvernements mènent une politique autoritaire, raciste et xénophobe.

En Espagne, les héritiers du franquisme célèbrent leur retour.

Et même dans plusieurs pays du Nord de l’Europe réputés autrefois ouverts et tolérants, les extrêmes droites enregistrent des scores importants. J’oubliais.

En France, la fille du borgne, Mme Le Pen, s’est installée à chaque élection dans des résultats à plus de 20%.

L’ultralibéralisme et le sentiment d’abandon

La menace est devenue réalité.

Et à moins d’être aveugle et sourd, force est de constater que le spectre du fascisme plane sur nos têtes. Pourquoi un tel désastre ?

Ce serait bien trop simple, et disons-le ridicule, d’attribuer cette situation au seul hasard et à l’évolution des mentalités.

C’est le capitalisme ravageur, l’exploitation adaptée à la nouvelle ère, à ce qu’on appelle l’ultra « libéralisme », faussement évocateur de « liberté », qui est responsable de cette dérive pouvant devenir mortifère.

Des raisons socio-économiques ?

À cette formule doucereuse, je préfère écrire la politique européenne du moins disant social, de casse des services publics, de politiques toujours orientées en faveur des plus riches.

Défiance vis-à-vis des institutions ?

À force de noyer les espérances de vie meilleure au nom du respect de l’austérité, d’entraîner les structures européennes et nationales dans un imbroglio politiquement orienté en faveur des puissants, les « gens » de plus en plus ne croient plus, dans ce cadre, en de possibles avancées permettant d’améliorer leur vie quotidienne.

Sentiment de déclassement et de perte d’identité ?

Il va jusqu’à nier une perspective d’Europe sociale et de paix. Pour mesurer l’ampleur de l’impact destructeur, il suffit d’échanger avec ceux qui souffrent le plus.

La lutte des idées devient plus complexe face au sentiment d’abandon. Dans ces conditions, il ne faut pas rester l’arme au pied.

Il faut réagir.

Combattre les idées d’extrême droite

La Cgt, depuis longtemps, alerte sur le danger en déclarant que « là où depuis plusieurs années la population subit les conséquences d’une politique d’austérité, le racisme, la xénophobie, la haine et le rejet de celui qui est différent se sont progressivement installés.

« La stratégie des partis politiques ultra-libéraux, à se présenter comme la seule alternative crédible face à l’extrême droite, tout en jouant avec elle, entre dans sa phase dangereuse.

« Par ailleurs, le déferlement de propos haineux et de raccourcis en tout genre sur les réseaux sociaux et, cela en toute impunité, crée un climat favorisant les actes de violence. »

Pacifiste et internationaliste, la Cgt a toujours combattu le populisme, le racisme, le fascisme.

Elle appelle à l’intensification de l’action contre les idées d’extrême droite.

Il y a urgence.

Cet appel doit être entendu de tous.

José Fort

"La CGT contre le fascisme"

Les colloques organisés par les retraités CGT à Marseille et Perpignan
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Aujourd’hui, comme hier...

La Cgt a toujours mené le combat contre l’extrême droite.

Dans les années 1930, contre les ligues fascistes qui faisaient régner la terreur à l’approche du Front populaire, dans la clandestinité avec Benoît Frachon à sa tête contre les nazis et le patronat collabo, puis plus près de nous contre les syndicat dits « indépendants » véritables repaires de nervis chargés de casser les grèves, de s’attaquer violemment aux militants.

Les anciens de Simca, par exemple, se souviennent d’avoir eu à s’affronter, y compris physiquement, aux fascistes à la solde du patron.

La Cgt n’a pas la mémoire courte. Lorsqu’elle appelle à se dresser contre la menace représentée par le Front national, devenu Rassemblement national, elle s’inscrit dans le combat de toujours contre la menace fasciste.

Aujourd’hui, comme hier. JF

 

Mis en ligne le 7 novembre 2019  |  Dernière mise a jour 7 novembre 2019