Menaces sur les pensions

Image de l'article.

Menaces sur les pensions

La revalorisation des pensions de retraites est une mesure de justice sociale, mais aussi d’efficacité économique.

Les retraités sont-ils les souffre-douleur du gouvernement ?

Le président Macron n’avait pas hésité à les qualifier de nantis au moment de son accession au pouvoir.

Pour justifier ensuite une hausse de la CSG qui s’est soldée par une baisse de 1,83% du niveau des retraites en 2018.

Puis la désindexation des pensions qui n’augmenteront que de 0,3% par an jusqu’en 2020.

Ainsi, le pouvoir d’achat des retraités diminuera-t-il d’environ 6% en trois ans (2018 à 2020).

Le ton a un peu changé ces derniers temps sous l’effet des mobilisations unitaires des retraités et du mouvement des Gilets jaunes. Quelques concessions ont pu être arrachées en faveur des plus pauvres.

On aurait pu croire que le gros de l’orage était passé.

Erreur !

Le plus dur, peut-être, est encore à venir avec la future réforme des retraites à points.

Objectif : baisser les pensions

Le haut-commissaire à la réforme, Jean-Paul Delevoye, a levé un coin du voile dans son rapport rendu public en juillet dernier.

L’objectif affiché de bloquer la dépense publique des retraites sous le seuil actuel des 14% du PIB, alors que le nombre de retraités est appelé à croître, va inévitablement conduire à une diminution du niveau des pensions.

« Le niveau relatif des retraites va baisser de 24% à l’horizon 2040 », a déjà prévenu Henri Sterdyniak, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

En fait, le montant des pensions dépendra de la valeur du point, qui sera fixé chaque année par le gouvernement et le parlement dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

Sachant qu’une « règle d’or » garantira l’équilibre financier du système avec un solde cumulé positif ou nul par période de cinq ans.

Autrement dit, la valeur du point, qui détermine le pouvoir d’achat des retraites, deviendra une variable d’ajustement du budget.

Le salarié ne peut donc plus faire de projection sur le montant de sa future retraite et ne bénéficie d’aucune garantie en matière de taux de remplacement, dont la notion disparaît purement et simplement avec le système à points.

Comme si cette perspective de réduction des droits n’était pas suffisante, le gouvernement envisage encore de reculer l’âge du départ à la retraite en instaurant une pénalisation financière (décote) en deçà d’un âge « pivot » fixé à 64 ans dès 2025, comme le préconise J.P. Delevoye, ou d’une certaine durée de cotisation, comme le propose E. Macron.

Solutions de justice sociale

La Cgt a fait connaître ses objections et son opposition à ce projet de réforme de régression sociale et formule une série de propositions pour préserver et améliorer le pouvoir d’achat des retraités :

Annulation de la hausse de la CSG,

Retour à l’indexation des pensions sur les salaires,

Fixation du minimum de pension au niveau du Smic pour une carrière complète,

Elargissement de l’assiette des cotisations en mettant notamment les revenus financiers à contribution pour assurer le financement des retraites, etc.

Des mesures de justice sociale en faveur des seize millions de retraités, mais également d’efficacité économique dans un pays où la croissance dépend à 55% de la consommation des ménages.

Dossier de Vie nouvelle

 

Lien sur fichier en PDF : 
 

Mis en ligne le 21 octobre 2019  |  Dernière mise a jour 21 octobre 2019