Vous avez dit rupture

Image de l'article.

Rupture

Il semble bien que ni Macron ni Delevoye le « ministre de la casse des retraites » qui cumule avec aplomb (bonne) retraite et (très bon) salaire n’aient pris la mesure de ce que représentait, dans le cœur des Français, le système actuel de retraite fondé sur la solidarité.

Il n’y a pas si longtemps, un sondage indiquait que 79 % des Français avaient peur de ne pas disposer de revenus suffisants à la retraite.

Ce n’est pas en décortiquant le projet de retraite par points qu’ils seront rassurés, bien au contraire.

Tous comptes faits (au sens précis du terme), la réforme Delevoye/Macron ne fera que des perdants : femmes, jeunes, salariés du privé comme du public (y compris les retraités actuels) verront leur pension fondre comme neige au soleil.

Cette réforme constitue une rupture brutale avec les fondements sociaux et démocratiques de notre République.

Comme si Macron voulait parachever la fin des Jours Heureux, le programme du Conseil national de la Résistance.

Ce n’était pas simplement un cahier de doléances à mettre en œuvre aux plans social, économique et démocratique, mais aussi et surtout une façon de vivre et de rêver ensemble à l’avenir de notre pays, et après une vie de dur labeur, à la retraite...

« On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en s’en allant », disait Prévert.

Cela dit, les oppositions grandissantes à la réforme des retraites semblent aussi effrayer le gouvernement qui ne s’attendait pas à un tel tollé.

Et ce n’est pas en recyclant le « grand débat »  ou en relançant à des fins politiciennes le débat sur l’immigration que le pays va retrouver un peu de sérénité.

D’autant que ceux qui contestent en vert, jaune ou rouge subissent encore et toujours les lacrymaux et les LBD.

De sales samedis en perspective pour la démocratie et les libertés.

Dans les discussions que nous avons avec les retraités, la peur du lendemain s’accompagne le plus souvent d’une colère sourde et d’une volonté d’aller demander des comptes à ce pouvoir qui veut continuer à rançonner les salariés, les chômeurs et les retraités pour donner encore et encore au plus riches.

Cela nous conforte dans l’idée qu’il ne faut pas baisser la garde.

Sur tout le territoire, le 24 septembre n’a pas été à la hauteur de nos espérances.

Parmi toutes les raisons invoquées, la division syndicale figure en bonne place.

La journée nationale de manifestation des retraités du 8 octobre, elle  était unitaire.

Avec 8 syndicats pour défendre le pouvoir d’achat des pensions.

Richard Vaillant, syndicat CGT des retraités de Chaumont

Lien sur fichier en PDF : 
 

Mis en ligne le 20 octobre 2019  |  Dernière mise a jour 20 octobre 2019