Les urgences en danger: le gouvernement tergiverse et réprime

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Les urgences en danger : le gouvernement tergiverse et réprime

Le constat est général : épuisement physique et psychologique des urgentistes, et cela à la veille d’un été qui va les solliciter plus encore.

Pour exiger « d’urgence » des moyens supplémentaires, 70 services d’urgences sont en grève et ont manifesté nombreux ce jeudi. Le comble : le préfet du Jura réquisitionne en pleine nuit des médecins et du personnel soignant !
Une situation intolérable que dénonce la CGT dans un communiqué.

La ministre de la Santé n'apporte pas de réponses à la hauteur de la crise des urgences et de l'hôpital

Communiqué commun

CGT et Fédération de la santé et de l’action sociale CGT

Depuis déjà plusieurs semaines, les personnels des services d'urgences et des Samu de plusieurs hôpitaux de France se mobilisent pour faire entendre leur voix et alerter sur les dangers liés au manque d'effectif médicaux et paramédicaux ainsi que sur le manque de lit d'aval dégradant considérablement les conditions d'accueil dans les services d'urgences.

Le constat est édifiant : ce sont 188 000 personnes pour une année qui attendent sur des brancards dans des services complétement saturés.

Des conditions de travail totalement dégradées entraînant d’intenses souffrances tant pour les personnels que pour les malades.

Visiblement ébranlée après les réactions de colère suite à ses déclarations faites sur France Inter le 5 juin 2019 et jugées très méprisantes par le personnel en grève, la ministre de la Santé est venue en catimini à 9 h au congrès Urgences pour annoncer un plan comprenant cinq actions censées répondre aux difficultés actuelles des services hospitaliers d'urgences :

– Mise en place d’une mission dont le but est de construire une nouvelle stratégie d'ensemble d'évolution des services d’urgences que nous connaissons et qui est dénoncée depuis des années.

Cette mission n’a que pour seul but d’enterrer tout simplement le problème ;

– La mobilisation des ARS sur la poursuite du plan de modernisation des urgences qui se traduira par de nouvelles fermetures des services d’urgences, des Smur et des Samu ;

– Des financements supplémentaires en cas de situation exceptionnelle.

Tous les services sont en situation exceptionnelle depuis des années, donc nous réclamons des financements supplémentaires à la hauteur des besoins pour tous les services et tous les hôpitaux ;

– Une homogénéisation de la prime individuelle de 75 € est proposée par la ministre.

Pour rappel, notre revendication ainsi que celle des personnels est une augmentation de 300 € net, soit 80 points d'indice supplémentaires ;

– Dans le cadre des délégations de compétences, la revendication n’est pas une prime de coopération, mais une reconnaissance des qualifications et une prise en compte dans de nouvelles grilles de salaires.

Ce plan est très loin de répondre aux attentes des personnels et ne répond pas à l’urgence.

Ces propositions montrent que la ministre de la Santé et le gouvernement n’apprécient pas à leur juste niveau la colère des personnels et les tensions actuelles dans les hôpitaux.

La CGT appelle les personnels à renforcer la mobilisation pour obtenir de véritables négociations sur les revendications posées depuis maintenant plusieurs mois et non des annonces dans un congrès médical.

Une nouvelle journée d’action est prévue le 11 juin avec un rassemblement, devant le ministère de la Santé, de délégations des établissements et des services en lutte.

Nous appelons à ce que le maximum de personnels soit présent pour montrer notre détermination pour obtenir des réponses à la hauteur de la crise actuelle.

La CGT apporte tout son soutien aux personnels qui luttent pour la défense du service public de santé comme à l’ensemble des salariés qui se mobilisent dans l’ensemble des services publics.

Montreuil, le 6 juin 2019

 

Mis en ligne le 10 juin 2019  |  Dernière mise a jour 10 juin 2019