Notre Dame de Paris émotion et indécence

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Notre-Dame de Paris : émotion et indécence

 

Il y a tout juste une semaine, les flammes commençaient à ravager Notre-Dame de Paris.

Nous avons vécu cette catastrophe avec émotion, suivie par un sentiment de dégoût face à l’indécence affichée sans vergogne.

Emotion ?

C’est un livre de pierres qui s’effondrait sous nos yeux.

Un livre de pierres de notre parcours commun, que nous soyons chrétiens ou pas.

Un livre de pierres qui a marqué les grands moments de notre histoire.

Un livre de pierres d’un peuple de bâtisseurs, d’intelligences, de savoir-faire. Notre-Dame de Paris, blessée mais toujours debout, nous appartient à tous.

Indécence ?

A l’émotion a succédé le déferlement du fric et du m’as-tu-vu.

Que les grandes fortunes françaises sortent leurs carnets de chèques, tant mieux.

Que sous la pression, certaines fassent savoir qu’elles refuseront la défiscalisation.

Tant mieux.

Mais qu’en trois jours, 1 milliard d’euros soient sortis comme par miracle des poches des nantis montre au moins une chose : il y a de l’argent dans ce pays, beaucoup d’argent.

Une évidence s’impose : si tous ces gens payaient leurs impôts à plein et juste régime, cessaient de cacher leurs cassettes dans les paradis fiscaux, répartissaient équitablement les bénéfices et pas seulement en faveur des actionnaires, le financement des hôpitaux, de l’école, des services publics et de préservation du patrimoine s’en porterait beaucoup mieux.

Indécence ?

Les courageux pompiers ont évité le pire.

Il faut leur témoigner notre reconnaissance.

Mais les tremolos officiels frisent l’hypocrisie lorsqu’on sait que les revendications des soldats du feu portant sur des augmentations de salaires sont refusées par un pouvoir préférant envoyer les CRS leur taper dessus.

Indécence ?

Nommer un général à la retraite responsable de la future structure chargée de la reconstruction de Notre-Dame.

Indécence ?

Tenter une opération politique de récupération d’une émotion nationale.

On entend ici et là que grâce à l’effet Notre-Dame, Macron aurait gagné trois points dans les sondages livrés par des instituts dirigés par ses proches.

Partant d’aussi bas, il ne peut que progresser mais qu’il se méfie : d’autres avant lui ont surfé sur les malheurs des autres avant de finir dans les poubelles de l’Histoire.

José Fort

 

Léo Ferré à sa manière a chanté Les Cloches de Notre-Dame.

 

Mis en ligne le 27 avril 2019  |  Dernière mise a jour 27 avril 2019