Les voeux du président 2019 continuité de 2018

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Vœux sans relief et sans remords *

 

Richard Vaillant, syndicat CGT des retraités de Chaumont

Il aura tout essayé pour redorer un blason bien terni.

Et le cerveau de ses conseillers en com a dû phosphorer, à la limite de la surchauffe pour trouver la bonne posture.

Après la scène d’un Macron impavide, mains croisées sur la table élyséenne, digérant la claque qu’il venait de recevoir, changement de décor, de gestuelle et de mots pour les vœux.

Il sera de pied en cap (Libération), sans doute pour incarner l’image d’un président debout et droit face à l’adversité, un président combatif prêt à reprendre le manche après ce qu’il pense être une simple récréation...

A-t-il réussi dans cet exercice plutôt périlleux ?

Il semble que non.

Les sondages le disent et les gens interviewés après le spectacle étaient partagés entre scepticisme et indifférence.

Vingt millions de personnes l’avaient regardé début décembre, elles n’étaient plus que 13 millions à la Saint Sylvestre.

Une sacrée évaporation.

En fait, la plupart n’attendaient rien d’un président plus prompt à donner des gages aux banques et au CAC 40 qu’à répondre aux colères, doléances et revendications qui montent et grondent dans le pays.

Les gestes ressemblaient à ceux d’une marionnette et les mots comme dans un théâtre d’ombres venaient de derrière le rideau.

En effet, qui peut croire Macron lorsqu’il dénonce le «capitalisme ultra libéral et financier » alors qu’il annonce ne pas bouger d'un pouce sur les réformes qu'il souhaite mener à bout en 2019 : celle de l'assurance-chômage, celle de la fonction publique et celle du système de retraite.

Comme si toutes les réformes mises en place, depuis la loi travail jusqu’à la hausse de la CSG n’étaient pas responsables de la situation actuelle...

Et il faut un sacré culot pour critiquer le capitalisme ultra libéral et financier et avoir fait la réforme de la SNCF.

Insensible, méprisant, menaçant, arrogant tel est apparu Macron.

Si l’on en croit la presse, le barbouze Benalla et le président Macron continuent à dialoguer.

Benalla a bougrement de la chance car pour ce qui est du dialogue avec le pays, il est rompu depuis très longtemps.

A-t-il seulement eu lieu ?

En tout cas, 2019 commence sous le signe de la colère et de l’action. Les Gilets jaunes n’en ont pas fini avec le mépris et l’autoritarisme qu’affiche fièrement le président de la République.

Et les retraités unis sont prêts à battre à nouveau le pavé le 31 janvier.

Manifestement, loin d’avoir compris la leçon de l’année 2018 tout en colère et en mécontentement, loin d’avoir tiré les enseignements de la révolte des Gilets jaunes, Macron, digne représentant du capitalisme ultra libéral et financier, semble avoir opté pour l’affrontement et la violence.

«Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage» disait Jaurès. Il porte la guerre sociale également...

Chaumont le 2 janvier 2019

* Titre emprunté à Médiapart

 

Mis en ligne le 3 janvier 2019  |  Dernière mise a jour 3 janvier 2019