Enfumage pour retraites à plusieurs vitesses

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Enfumage pour retraites à plusieurs vitesses

Après le braquage de la CSG, l’opération macroniste contre les pensions se déploie.

Elle concerne les futurs retraités comme les retraités actuels.

À la manœuvre, Jean-Paul Delevoye pour un simulacre de consultation avec trois principaux objectifs camouflés : l’âge de départ à la retraite, la baisse des pensions et un boulevard pour les plus aisés.

Ancien proche de Chirac, gentil au premier regard, Jean-Paul Delevoye a toujours été un homme à tout faire.

Cette fois, c’est lui qui se colle aux retraites pour Macron avec le titre, tenez-vous bien, de Haut-commissaire et déclare : « il s’agit de passer à un système par points (…) à carrière identique, revenu identique, retraite identique. »

Macron fait plus pour ceux qui ont le plus

Il oublie de préciser que les carrières et les salaires n’étant pas les mêmes pour tous, le nouveau système « à la carte » sera différent d’une personne à l’autre.

Et affirmer que pour un euro, on aura la même valeur de retraite, c’est s’asseoir sur un fait incontournable : certains gagnent plus d’euros que d’autres.

En vérité, comme le souligne la Cgt, la sale besogne consiste à « casser notre système de retraite par répartition et solidaire » et « poursuivre la baisse des pensions. »

Le système à point, c’est quoi ?

Plus on est aisé, plus tôt on pourra partir à la retraite et avec une meilleure pension.

Plus on aura perçu un bas salaire, subi le chômage et la maladie, moins on aura de points.

Avec pour conséquence l’obligation de travailler plus longtemps (inutile ainsi de fixer une nouvelle échéance pour le départ en retraite) en percevant une pension plus faible.

Vous avez dit solidarité ?…

Quant aux « solidarités » comme, par exemple, la majoration pour les enfants, l’invalidité, la réversion, avec le nouveau système les correctifs ne seraient plus financés par les cotisations, notamment patronales, mais par l’impôt.

Pendant ce temps, les gros salaires pourraient être éligibles à une épargne individuelle en capitalisation leur permettant ainsi de ne plus cotiser au système universel.

Opération « je t’embrouille »

Le piège est grossier.

Ce qui est en jeu, c’est un système de retraites à plusieurs vitesses favorisant les plus aisés, un allongement déguisé du départ à la retraite, un désengagement des entreprises remplacé par l’impôt et donc tous les contribuables, une entrée de la capitalisation pour le moment limitée aux plus riches.

La prétendue « consultation » annoncée relève de l’enfumage.

Présentée comme « moderne » via des « ateliers participatifs » sur internet, l’opération consiste à faire croire que votre opinion sera prise en compte alors que rien n’indique comment et où finiront les contributions des citoyens.

Après le hold-up sur la CSG, voici l’opération « je t’embrouille ».

L’emballage est différent.

Pas le contenu.

José Fort
 

 

Mis en ligne le 20 septembre 2018  |  Dernière mise a jour 20 septembre 2018