La démission de Nicolas Hulot

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La démission de Nicolas Hulot, le libéralisme et les retraités

Nicolas Hulot, ministre d’Etat, a donc décidé de quitter le gouvernement.

Un aveu d’échec qu’il assume avec une certaine objectivité en mettant en cause le modèle économique dominant.

Quel rapport avec les retraités ?

C’est au nom de ce modèle que le gouvernement accepte la dégradation de notre environnement et justifie la saignée qu’il inflige aux retraités.

C'est bien pour cela qu'il faut en changer.

Les raisons énoncées d’une démission attendue

Il reconnaît n’avoir pas su convaincre le gouvernement de la gravité de la situation climatique en France et dans le monde.

Il évoque le manque de cohérence et l’absence de soutien des membres du gouvernement pour élaborer une réponse adaptée aux dérèglements climatiques qui se multiplient.

Il ne souhaite pas mettre en difficulté le gouvernement ni le président Macron, mais il apporte une explication pertinente à son échec :

« On s’évertue à entretenir et à réanimer un modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres » « […]

Est-ce qu’on a essayé de sortir de l’orthodoxie économique et financière […] ?

Non. » (France Inter, le 28/08/2018).

Il n’ose cependant pas mettre en cause le libéralisme car c’est la philosophie même de la politique menée par Emmanuel Macron, mais c’est pourtant le nœud de l’affaire.

A son corps défendant, cette déclaration pèse lourd car elle résume l’impasse et son lot de conséquences dramatiques de la politique d’Emmanuel Macron et de son gouvernement.

La logique destructrice du capitalisme débridé

Comment peut-il alors vouloir absoudre ce gouvernement et rendre l’opposition et l’ensemble de la société responsables de son échec ?

Il ne sortira pas de cette contradiction, en regrettant qu’une union nationale ne se réalise pas autour de la question écologique.

Une auditrice a mis en lumière ce qui explique bien des choses : la politique du gouvernement crée de telles inégalités sociales qu’il n’est pas possible de demander à celles et à ceux qui luttent contre la dégradation de leurs conditions de vie et de travail, voire pour leur survie, de s’impliquer dans l’action quotidienne pour la survie de la planète.

La logique libérale est incompatible avec la survie de la planète, car ce qui fait le ciment du libéralisme c’est la recherche de l’intérêt financier particulier et il ne consent à prendre en compte l’intérêt général que sous la contrainte des luttes sociales.

Même quand l’avenir de notre civilisation est en jeu.

La vieille politique libérale produit les mêmes résultats

Le chômage, et particulièrement celui des jeunes, a-t-il baissé ?

Les investissements qui devaient suivre la suppression de l’impôt sur la fortune et la réduction de l’impôt sur le capital ont-ils augmenté ?

L’économie du pays s’en porte t-elle mieux ?

La balance commerciale s’est-elle rétablie ?

La pauvreté a-t-elle reculé ?

Les Français sont-ils satisfaits de la politique menée ?

Les retraités sont-ils moins en colère ?

Non.

L’échec d’Emmanuel Macron est total.

Et pourtant, comme le dit Nicolas Hulot, « on s’évertue », le mot est pour le moins impropre et bien vague, à poursuivre la politique de casse des services publics et de privatisation, donnant ainsi plus de poids encore au « modèle économique marchand » responsable de ces désordres, économiques, sociaux et environnementaux.

Pour les retraités Macron réinvente la saignée

Le gouvernement veut encore frapper les retraités en limitant l’augmentation des pensions à 0,3 % au 1er janvier 2019 alors que l’inflation sur les 12 mois passés s’élève à 2,3 %.

Après le blocage des pensions pendant 4 ans, le gel des retraites complémentaires pendant 3 ans, la hausse de la CSG, une année 2018 sans augmentation, après les cadeaux somptueux accordés aux très riches du pays, c’est une nouvelle et grave atteinte aux conditions de vie des retraités et de leur famille.

Feignant une fois de plus de prétendre privilégier le travail pour justifier les sacrifices demandés aux retraités, il omet cyniquement d’évoquer les privilèges accordés aux « premiers de cordée », les déjà très riches.

A eux on ne demande rien en retour, alors qu’ils pourraient aisément contribuer au redressement de nos recettes fiscales.

Ce président, qui s’était confectionné une image de jeune réformateur qui allait changer le cours des choses, se révèle un piètre apothicaire qui réinvente la saignée.

A cela près que les « médecins » du Moyen Age appliquaient la saignée en toutes circonstances, et principalement à ceux qui avaient les moyens de se payer un médecin.

Macron après d’autres a inventé la saignée populaire.

Eh bien les retraités ne se laisseront pas traiter de la sorte. Ils étaient très en colère après la hausse de la CSG, ils le sont plus encore après les annonces du Premier ministre et ils vont le montrer.

Les 9 organisations de retraités leur en donnent l’occasion le 9 octobre en les appelant à des rassemblements dans toutes les villes de France.

Pascal Santoni

 

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Mis en ligne le 30 août 2018  |  Dernière mise a jour 30 août 2018