Le foot, la joie et la sentinelle

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Le foot, la joie et la « sentinelle »

Après cette avalanche médiatique à propos de la Coupe du monde de foot, j’ajoute mon grain de sel.

Rassurez-vous, je ne vais pas jouer au commentateur d’après match, au technicien du ballon et encore moins rejoindre les dizaines de millions de Français sélectionneurs en herbe.

Comme les feux de la fête vont progressivement s’éteindre, je me permets quelques remarques non définitives avant de passer à autre chose.

Les Russes peuvent être satisfaits.

Organisation parfaite, aucun incident grave, stades pleins, infrastructures de haute qualité, accueil chaleureux avec en prime la montée d’un engouement populaire pour le foot autour d’une équipe en pleine évolution.

Les plus anciens se souviendront du célèbre gardien de but à l’époque de l’URSS, Lev Yachine, mais depuis toujours le sport le plus populaire dans ce pays reste le hockey sur glace.

J’aime le foot.

J’ai vu les principaux matches.

J’y ai pris du plaisir et je partage la joie des Français.

J’avoue que je m’étonne, disons plutôt que je m’attriste à la lecture de certaines réactions comparant l’incomparable, pour s’en offusquer, comme par exemple les luttes sociales et les défilés enthousiastes, la passion pour ce sport, son équipe nationale et la sale politique de Macron et ses boys.

Le cheminot en grève depuis des semaines et fana de foot mérite-t-il l’opprobre ?

Les personnels de santé en lutte pour la défense des hôpitaux et qui entre deux soins jetaient un œil sur les téléviseurs encourent-ils le déshonneur ?

Le retraité hier manifestant contre la hausse de la CSG, décrochant son téléphone et fermant sa porte à double tour pour ne pas être dérangé pendant les matches de l’équipe de France est-il passible du déshonneur ?

Une chose consiste à critiquer les dérives du foot business, les dévoiements nationalistes.

Autre chose est le rassemblement joyeux dans la célébration du jeu.

A propos des dérives chauvines, xénophobes, racistes, un dernier mot sur la géostratégie de comptoir.

Ces dernières semaines, une flopée de nouveaux spécialistes en matière de politique internationale est apparue au grand jour, à faire baver diplomates et commentateurs spécialisés.

Nous avons entendu sur les radios, à la télé, dans les bistrots et les rues des vertes et des pas mûres.

A pisser de rire même si souvent derrière des propos stupides se cachaient autre chose : la propension à cracher sur l’autre.

Vous savez, peut être, que dans le jargon théâtrale « servante » est une lampe posée sur un haut pied qui reste allumée quand le théâtre est plongé dans le noir entre deux représentations ou répétitions.

C’est elle qui veille lorsqu’il n’y a plus personne.

Cette veilleuse est parfois appelée « sentinelle ».

Au lendemain de cette splendide coupe du monde de foot, rappelons-nous qu’une fois les stades vides, nous avons aussi besoin de « sentinelles ».

José Fort

 

 

Mis en ligne le 18 juillet 2018  |  Dernière mise a jour 18 juillet 2018