Le merci et le mépris

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Le merci et le mépris

Richard Vaillant, secrétaire du syndicat CGT  des retraités de Chaumont

Le retraité, je lui demande un effort, je le sais, je le remercie, j’en ai besoin.

Voilà qui a dû faire rudement plaisir aux centaines de milliers de retraités qui ont manifesté le 15 mars dernier.

Et ceux, moins coléreux mais tout aussi mécontents, qui attendaient un geste ont donc eu droit à un merci.

Un merci pourquoi ?

Pour s’être vu imposer une hausse de la CSG

Pensait-il, ce président des riches, qu’après ce « merci » répété à plusieurs reprises, les retraités resteraient sagement chez eux ?

Allons, vous êtes loin d’en avoir fini avec les vieux, monsieur le Président,…

Malgré son apparente désinvolture, ce comportement est aussi la marque d’un président en difficulté.

Retrouver la confiance des retraités dans une période de fortes turbulences sociales est indispensable, car c’est parmi cette catégorie de la population que Macron voit sa confiance descendre en vrille.

La hausse de la CSG, après les mesures fiscales et les propos insultants des ministres ou de lui-même a conduit de nombreux seniors (50 ans après 68) à (re)prendre le chemin de la révolte.

Le discours présidentiel est aussi marqué par une haine féroce des mouvements sociaux en cours.

Mépris pour les cheminots que l’on insulte avec les mensonges les plus infects.

Le but de la réforme est bel et bien de privatiser la SNCF, de la livrer corps et biens aux grandes sociétés multinationales qui n’auront cure du maintien du service public, du maillage du territoire, du respect de l’environnement.

Une seule chose les guide, faire du profit et qu’importe si, pour cela, des lignes jugées non rentables disparaissent et si le prix du billet flambe.

Ses propos sur la lutte des étudiants, des fonctionnaires, des hôpitaux, de Notre-Dame des Landes, ou sur le 80 à l’heure sont du même tonneau.

Cela s’appelle du mépris de classe.

Macron, comme un enfant trop gâté, a raison envers et contre tout le monde.

Chouchouté par les banquiers, fan de Trump qu’il suit, aveugle et borné en Syrie, protecteur des riches, de Gattaz et du CAC40,

Macron a beau faire et beau dire, sa politique et son attitude ne passent pas auprès des Françaises et des Français.

Malgré une émission mise en scène dans le moindre détail, choix de la ville, de l’école et d’un Pernault fadasse à souhait pour mettre l’invité en valeur, malgré des questions connues depuis des jours et pour cause, c’est lui qui les avait écrites, le verdict est tombé.

L'image d'Emmanuel Macron s'est dégradée après son interview de jeudi sur TFI selon un sondage Odoxa pour France-info et Le Figaro paru le lendemain de l’émission.

Nul doute que dans cette image dégradée, on trouvera comme un écho des retraité.e.s au Merci méprisant du président de la République.

Richard Vaillant

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Mis en ligne le 18 avril 2018  |  Dernière mise a jour 18 avril 2018