Macron et les retraités du mépris et rien d'autre

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Macron et les retraités, du mépris et rien d’autre

« Les pauvres d’aujourd’hui sont souvent moins les retraités que les jeunes. Je leur demande donc, pour les plus aisés, un effort » déclare t-il à un hebdomadaire acquis à sa politique.

Les retraités des privilégiés ?

Un mensonge pour masquer une vérité gênante : sa politique favorise les privilégiés de la fortune

Demander un effort aux retraités c'est ignorer ou faire mine d'ignorer qu'ils n'ont cessé d'en faire des efforts : cela fait bientôt 5 ans que leurs pensions sont gelées, la fiscalité s'est alourdie, ils participent toujours plus nombreux aux activités d'aide et d'assistance en lieu et place de l'Etat, ils aident leurs enfants touchés par une précarisation grandissante de leur situation.

Qui sont les "retraités les plus aisés" selon E. Macron ?

La hausse de la CSG de 1,7 point s’appliquera à la CSG calculée au taux de 6,6 %, qui devrait passer à 8,3%.

Elle va donc frapper les retraités ayant un revenu fiscal de plus de 1 200 € (1 838 € pour un couple marié ou pacsé) par mois, soit 60 % des retraités dans notre pays, plus de 10 millions.

Peut-on considérer qu'à partir de 1200 € par mois on est un retraité aisé?

1200 € c'est 200 € au dessus du seuil de pauvreté.

Les retraités sont-ils moins pauvres que les jeunes ?

Que ce gouvernement suscite ce genre de question est déjà en soi honteux. Mais examinons l'argument.

Il est tiré d'un rapport du COR (Conseil d’orientation des retraites) établi en 2015 et qui constate que "de 2006 à 2012, les ménages de 60 ans et plus sont moins exposés à la pauvreté en conditions de vie que le reste de la population".

Le problème c'est qu'on ne peut honnêtement et légitimement comparer une catégorie, les retraités, qui ont travaillé et cotisé pendant au moins 40 ans avec le reste de la population qui comprend nombre de jeunes qui font encore des études ou démarrent dans la vie professionnelle.

On peut d'ailleurs opposer à ces chiffres d'autres chiffres bien plus pertinents : selon l’Insee le montant moyen des pensions se chiffrait en 2014 à 1322 €, sachant que plus de 500 000 d'entre eux ne percevaient que 800 € par mois et 10 % seulement disposaient d’un revenu supérieur à 3250 € par mois, un montant supposé être le début de l'aisance. Comment E. Macron et son gouvernement osent-ils traiter l'immense majorité des 16 millions de retraités de nantis ou de privilégiés?

Les privilégiés dont il ne parle pas

L'indécence n'ayant visiblement pas de limites, ces déclarations sont faites au moment où la presse nous apprend que les entreprises du CAC 40 ont enregistré des profits exceptionnels depuis le début de l’année 2017, ils ont grimpé quatre fois plus vite que leurs chiffres d'affaires : 52 milliards de profits au premier semestre, un nouveau record !

On comprend mieux pourquoi nos dirigeants veulent allumer une "guerre des âges".

"En même temps", comme dirait E. Macron qu’il réduit le pouvoir d'achat des retraités au nom du partage des efforts, qu’il réduit le montant de l'aide au logement aux dépends notamment des jeunes, le gouvernement accorde des exonérations et réduction d'impôts de 3 milliards aux plus riches alors que ces véritables privilégiés n'ont jamais autant gagné d'argent.

« Le nombre de milliardaires est hallucinant »

C’est le constat d’Eric Tréguier, journaliste au magazine Challenge, à la lecture du classement 2017 des 500 fortunes de Challenges. Jugez-en.

De 1996 à 2016 le montant total des 10 plus grandes fortunes françaises a été multiplié par 12, alors que pendant ce temps le produit intérieur brut (PIB) du pays n’a même pas été multiplié par 2.

Cela signifie que les profits ne bénéficient pas à l’investissement et à l’activité, donc pas à l’emploi, mais essentiellement à l’enrichissement d’une poignée d’individus déjà immensément riches.

C’est aussi la preuve que le redressement de notre économie passe par une répartition des richesses qui favorise les investissements et le pouvoir d’achat des salariés, des jeunes et des retraités et crée des emplois.
Pour le bien du pays ?

La politique du jeune et fringant Président de la République, vous savez celui qui devait insuffler du neuf dans notre vieille démocratie, est vieille comme le capitalisme mais plus avide encore avec le capitalisme financier : prendre aux pauvres pour donner aux riches en sacrifiant l’économie du pays et son avenir.

Au plus bas dans les sondages nous pouvons le mettre en difficulté, voire l’empêcher de détruire le code du Travail et d’aggraver les inégalités, la pauvreté et le mal-vivre de la très grande majorité des retraité-e-s.

Manifestons le 12 septembre.

Préparons les rassemblements du 28 septembre avec tous les retraité-e-s qui vont subir une nouvelle dégradation de leurs conditions de vie.
 

 

Mis en ligne le 6 septembre 2017  |  Dernière mise a jour 6 septembre 2017